Sur le ton exact du désir

Emmanuel Flory

À l’idée d’atteindre la fin
d’une ligne
il prétend que des vertiges
lui viennent

un baiser qui se dérobe
une robe impossible à déboutonner

Selon lui,
c’est dans la marge
que les poèmes s’écrivent le mieux

Emmanuel Flory, Sur le ton exact du désir, Éditions Rougerie, 2008.

Poème
de l’instant

À la verticale

Quand même le ciel serait lacéré
par nos ombres meurtrières,

recousons-le avec les fils ténus,
et même usés, de nos poèmes

à la verticale de l’hiver comme de l’été
traversés de vents contraires,

gonflés d’une irréductible confiance
en l’impossible advenue.

Réginald Gaillard, Hospitalité des gouffres, « À la verticale », Éditions Ad Solem, 2020.