Pressée de vivre

suivi de Après

Auteur : Anise Koltz

Pressée de vivre

Après L’ailleurs des mots (2007), La Lune noircie (2009), Je renaîtrai (2011), Soleils chauves (2012), Galaxies intérieures (2013), Un monde de pierres (2015), Pressée de vivre suivi de Après est le septième livre d’Anise Koltz publié par Arfuyen.

Quel titre que celui-ci pour le recueil d’une femme qui aura l’an prochain ses 90 ans : Pressée de vivre ! Mais non sans ironie, Anise Koltz ajoute ce sous-titre : « suivi de Après »… Lors de la journée d’études consacrée à Anise Koltz par l’université de Strasbourg, Michèle Finck, admirable lectrice, a intitulé sa communication : « Anise Koltz l’insoumise ». L’écrivaine luxem-bourgeoise n’est pas du genre, en effet, à se soumettre à aucune condition : celle de femme, celle de germanophone ni même celle de « personne âgée », comme l’on dit poliment. Plutôt elle dirait, comme la chanteuse Brigitte Fontaine, si elle n’était si grande dame :
« Je suis vieille, et je vous emm… ! » « Dans mon habit de vie, écrit Anise Koltz
je brûle
sans me consumer. »

Malgré l’âge et les épreuves, la rage d’Anise Koltz reste intacte.
« De quel droit
la mort me revendique-t-elle ?
Déjà j’avance avec l’ombre
de quelqu’un d’autre. »

Face à l’inévitable, Anise Koltz n’abdique rien de sa liberté souveraine. Vivre, et encore vivre, nous dit-elle. « L’après » suivra !
« Dans la poésie, écrit-elle
j’écoute le silence
Dans le silence
j’écoute la mort
et le recommencement. »

Car pour Anise Koltz, il n`y a pas de fin, tout est recommencement, métamorphose, et il faut seulement avoir l’énergie de porter cette passionnante, cette épuisante éternité.

Paru le 11 janvier 2018

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.